LisbonLisboaPortugal.com
Le meilleur guide indépendant sur Lisbonne
LisbonLisboaPortugal.com
Le meilleur guide indépendant sur Lisbonne
Quarante-huit heures ne suffisent pas pour découvrir Lisbonne, mais c'est bien assez pour en tomber éperdument amoureux.
En deux jours, vous aurez le temps d'emprunter le célèbre tramway n°28 pour rejoindre le château perché au sommet de la colline, de savourer un Pastel de Nata dans la pâtisserie qui garde jalousement sa recette depuis 1837, et d'admirer le coucher du soleil derrière la Torre de Belém depuis le pont d'un voilier sur l'estuaire du Tage. Vous ne verrez pas tout, mais vous en découvrirez assez pour avoir envie d'y revenir.
Ce guide articule votre week-end autour de deux journées riches en contrastes. La première est dédiée au cœur historique : les grandes places de la Baixa le matin, puis les ruelles médiévales de l'Alfama qui entourent le château l'après-midi. La seconde journée est consacrée à la Lisbonne maritime : les monuments de Belém, d'où les grands explorateurs portugais ont pris le large au XVe siècle, puis, au choix, les rives futuristes du Parque das Nações ou les élégants boulevards de Príncipe Real. J'ai parcouru ces itinéraires avec des amis, en famille et avec de jeunes enfants, plus de fois que je ne pourrais le compter. Ce guide est conçu pour vous éviter les faux pas, afin que vous puissiez passer votre week-end à découvrir Lisbonne plutôt qu'à revenir sur vos pas.
J'explore le Portugal depuis 2001 et, depuis cinq ans, mon épouse portugaise et moi avons fait de Lisbonne notre foyer. Ce guide s'appuie sur ces nombreuses années passées à arpenter la ville, à manger dans ses tascas et à guider des amis de passage, pour vous aider à planifier deux journées sans précipitation, fidèles à la Lisbonne que j'ai appris à connaître.
Articles en lien : Une introduction à Lisbonne - 3 jours à Lisbonne
Cet itinéraire vous permet de découvrir Lisbonne quartier par quartier, chaque demi-journée étant organisée autour d'un secteur distinct de la ville. C'est le parcours que je suggère à mes amis et à ma famille pour un premier week-end à Lisbonne :
• Jour 1, matin : La Baixa. Les places majestueuses, les arcs de triomphe et les boulevards piétons de l'élégant cœur historique de Lisbonne.
• Jour 1, après-midi : L'Alfama. Une ascension à travers les ruelles médiévales de l'ancien quartier maure jusqu'aux remparts du Castelo de São Jorge.
• Jour 1, soirée : Coucher de soleil sur le Tage lors d'une croisière, pour admirer la Tour de Belém et passer sous le pont du 25 Avril.
• Jour 2, matin : Belém. Les monuments maritimes de l'époque des Grandes Découvertes portugaises, et la dégustation d'un pastel de nata dans la pâtisserie d'origine.
• Jour 2, après-midi : Le Parque das Nações. Le front de mer futuriste de l'ancien site de l'Expo 98, avec son architecture audacieuse et son Oceanário de renommée mondiale.
• Jour 2, après-midi (alternative) : Príncipe Real et l'Avenida da Liberdade. Une facette de Lisbonne plus calme et raffinée, avec ses jardins verdoyants, ses antiquaires et sa grande avenue du XIXe siècle.
• Jour 2, soirée : Coucher de soleil depuis la terrasse du Miradouro da Graça, à l'ombre des pins, suivi d'un dîner dans un restaurant de quartier.
• Vendredi ou samedi soir : Bairro Alto et Cais do Sodré. Les quartiers de la vie nocturne, des bars à flanc de colline qui débordent sur les rues pavées jusqu'aux clubs ouverts tard dans la nuit de la Pink Street.
La carte interactive ci-dessous retrace l'itinéraire complet de ces deux jours. Le premier jour est indiqué en vert et le second en bleu. N'hésitez pas à zoomer pour visualiser les différents points d'intérêt ainsi que l'ordre de visite suggéré.
Jour 1 : 1) Praça do Comércio 2) Rua Augusta 3) Elevador de Santa Justa 4) Rossio 5) Praça dos Restauradores 6) Église Saint-Antoine 7) Cathédrale de Lisbonne (Sé) 8) Château de Saint-Georges 9) Belvédère des Portas do Sol 10) Panthéon national 11) Time Out Market 12) Pink Street
Jour 2 : 13) Monastère des Hiéronymites 14) Monument aux Découvertes 15) Tour de Belém 16) Pastéis de Belém 17) Musée national des Carrosses 18) Parc des Nations 19) Oceanário de Lisbonne 20) Tour Vasco da Gama
Excursions pour le jour 2 : 21) Sintra 22) Cascais 23) Plage de Carcavelos
La deuxième journée de cet itinéraire vous garde à Lisbonne, mais ce n'est pas une obligation. La région entourant la capitale est l'une des plus belles du Portugal et, selon mon expérience, les deux alternatives les plus prisées consistent à passer une journée dans les collines de Sintra ou une matinée sur la côte atlantique. Si vous optez pour l'une de ces options, je vous conseille de conserver intact le programme de la première journée de ce guide et de réserver la visite de Belém pour un prochain séjour. La première journée constitue l'essence même de Lisbonne. Ne la manquez sous aucun prétexte.
Une journée d'excursion à Sintra
Aucune ville des environs de Lisbonne ne ressemble vraiment à Sintra, une crête boisée surplombant l'Atlantique où rois portugais, magnats anglais et excentriques romantiques ont chacun bâti leur propre version du paradis.
L'attraction phare est le Palácio da Pena, une vaste fantaisie architecturale aux tours jaune serin et aux remparts rouge sang couronnant le plus haut sommet. C'est d'ailleurs souvent cette image qui incite les voyageurs à visiter le Portugal. La Quinta da Regaleira, avec son puits initiatique plongeant à neuf étages sous terre, est le deuxième site le plus fréquenté. Mon coup de cœur personnel est le Palácio de Monserrate, une villa rose à trois tours située à trois kilomètres de la ville, que les cars de tourisme n'atteignent pas. Vous pouvez consulter mon guide complet pour une journée à Sintra ici
Une journée sur le littoral
Durant les mois d'été, lorsque la chaleur en ville dépasse les trente degrés dès l'heure du déjeuner, passer l'après-midi sur la côte est un choix très apprécié. Le littoral lisboète s'étend vers l'ouest sur environ vingt-cinq kilomètres, bordé de plages de sable fin, et le train au départ de Cais do Sodré permet de s'y rendre en moins de trente minutes.
La Praia de Carcavelos est la plus grande plage de ce secteur, un large arc de sable doré bordé d'une promenade basse jalonnée de cafés et d'écoles de surf. C'est l'option la plus simple pour profiter de la mer depuis Lisbonne, et c'est là que j'emmène mes nièces lors des week-ends d'été.
Cascais se trouve à l'extrémité ouest de la ligne de chemin de fer. Ancienne bourgade de pêcheurs devenue villégiature royale dans les années 1870, la ville a conservé les traces de ces deux époques : un port de pêche en activité, un petit quartier ancien aux ruelles pavées et une série de criques abritées.
Le Palácio Nacional da Pena, haut en couleurs, est l'un des plus beaux palais d'Europe
Cascais est un charmant mélange de superbes villas du XIXe siècle et de belles plages de sable
La Praia de Carcavelos est la plus grande plage du littoral de Lisbonne et elle est accessible par train depuis Lisbonne
Voici l'itinéraire que je parcours avec mes amis et mes proches lorsqu'ils ne disposent que de deux jours pour découvrir la ville.
La Baixa est le visage élégant et solennel de Lisbonne et constitue, à mes yeux, le seul point de départ logique pour votre séjour. Ce quadrillage de rues néoclassiques et de places à arcades fut tracé dans les années qui suivirent le séisme de 1755, lequel avait rasé la cité médiévale. Ce quartier demeure aujourd'hui l'un des plus beaux exemples d'urbanisme du siècle des Lumières en Europe. De larges avenues, de vastes places : un quartier fait pour être arpenté à pied.
Je vous suggère de commencer par la Praça do Comércio, la grande place en bord de fleuve qui s'ouvre sur le Tage. Bordée sur trois côtés par de longues galeries aux arcades jaunes et sur le quatrième par l'eau, elle fut pendant trois siècles la porte d'entrée commerciale de l'Empire portugais. Pour moi, elle demeure encore aujourd'hui la véritable porte d'entrée de Lisbonne. Prenez le temps de vous arrêter à son extrémité sud, là où les marches de marbre plongent directement dans le fleuve. C'est ici même que marchands, marins et souverains débarquaient autrefois.
À l'extrémité nord de la place se dresse l'Arco da Rua Augusta, un arc de triomphe surmonté d'un petit belvédère. De là-haut, vous profiterez d'une vue plongeante sur la place, le fleuve et les rues commerçantes de la Baixa.
Au-delà de l'arc s'étire la Rua Augusta, la principale artère piétonne du quartier. Certes, l'endroit est touristique, mais j'aime toujours m'y promener, m'arrêtant pour observer les artistes de rue ou humer l'odeur des marrons grillés qui embaume l'air dès le mois d'octobre.
Un court détour vers l'ouest vous mène à l'Elevador de Santa Justa, un ascenseur en fer forgé construit en 1902 par un élève de Gustave Eiffel. Je vais vous épargner la file d'attente : elle dépasse régulièrement une heure, alors que vous pouvez accéder gratuitement au même panorama en seulement dix minutes. Il suffit de monter la colline à pied jusqu'au Convento do Carmo et d'emprunter la passerelle. De tous les sites célèbres de Lisbonne, c'est celui que je recommande le plus souvent à mes amis de passage d'éviter.
À l'extrémité de la Rua Augusta se trouve le Rossio, le cœur social de Lisbonne depuis près de sept cents ans. La place est pavée de la célèbre « calçada portuguesa » noire et blanche, dont les motifs ondulés sont magnifiques par temps sec mais s'avèrent particulièrement glissants après la pluie. Entre les deux fontaines baroques, installez-vous à la terrasse de l'un des cafés du côté ouest, commandez une « bica » et regardez la ville défiler sous vos yeux. C'est l'un des plus grands plaisirs de Lisbonne, et cela ne vous coûtera que le prix d'un café.
À quelques pas au nord du Rossio se situe la Praça dos Restauradores, marquée par un obélisque rendant hommage aux hommes qui ont rétabli l'indépendance du Portugal face à l'Espagne en 1640.
Avant de quitter le quartier de la Baixa, poussez la porte de « A Ginjinha », ce minuscule bar centenaire niché dans un coin du Rossio. On n'y sert que de la ginjinha, cette liqueur de cerise sucrée que l'on boit à Lisbonne depuis 1840. On en commande un seul verre, et l'on vous demandera alors « com ou sem elas », avec ou sans les cerises. Répondez toujours « avec ». C'est la seule et unique façon de la déguster.
Depuis la Praça do Comércio, comptez quinze minutes de marche vers l'ouest le long de la Ribeira das Naus, cette promenade qui longe le Tage en passant devant les anciens chantiers navals. C'est l'une de mes balades préférées dans le centre de Lisbonne, entre l'odeur du fleuve qui monte de l'eau et les éclats de rire s'échappant des kiosques où les visiteurs savourent des piña coladas servies dans des ananas évidés.
La promenade s'achève au Time Out Market, d'anciennes halles alimentaires du XIXe siècle réaménagées dans le quartier de Cais do Sodré. Une quarantaine de stands, tenus par certains des meilleurs chefs de la ville, se partagent une unique et vaste salle aux tables communes. C'est un endroit animé, certes touristique, mais absolument idéal pour un premier repas à Lisbonne.
Si la Baixa est la Lisbonne formelle aux grandes places majestueuses, l'Alfama en est la jumelle plus ancienne et labyrinthique. Ce quartier précède le reste de la ville de plusieurs siècles. Le séisme de 1755 a rasé tout ce qui l'entourait, mais il a curieusement épargné cette colline, et le tracé médiéval est encore là pour en témoigner : des ruelles pavées escarpées qui reviennent sur elles-mêmes, des cours dérobées dissimulées derrière d'étroits passages, et des maisons blanchies à la chaux qui s'étagent en paliers colorés entre le fleuve et le château qui domine la colline.
À vrai dire, l'Alfama ne nécessite aucun plan. Vous marchez, vous grimpez, vous empruntez la ruelle qui vous semble la plus intéressante, et vous vous perdez. Après avoir vécu cinq ans à Lisbonne, j'y découvre encore de nouveaux recoins. Les petits plaisirs y sont immuables : des notes de fado s'échappant d'une porte entrouverte à trois heures de l'après-midi, des sardines grillées fumant sur un brasero devant un restaurant familial, du linge suspendu entre des balcons en fer forgé trois étages plus haut, ou encore une vieille femme vendant des cerises dans un bol sur le pas de sa porte.
Cela dit, trois sites méritent de servir de points d'ancrage à votre après-midi.
La cathédrale Sé
Au pied de la colline se dresse la Sé, la plus ancienne église de Lisbonne et la cathédrale qui ressemble le plus à une forteresse au Portugal. Construite dans les années 1140, juste après qu'Afonso Henriques eut repris la ville aux Maures, elle fut conçue autant pour la défense que pour le culte. Ses tours crénelées et ses meurtrières ne sont pas de simples ornements ; il s'agissait d'une église frontière située sur un territoire disputé.
Entrez-y une dizaine de minutes. La nef est sombre, de style roman, et presque totalement dépourvue des dorures et des azulejos que vous verrez partout ailleurs à Lisbonne. Le cloître situé à l'arrière, dont l'accès coûte quelques euros, abrite un chantier de fouilles archéologiques encore en activité, où les strates de la Lisbonne romaine, wisigothique et maure sont mises au jour sous le sol de la cathédrale.
Les miradouros
La montée est ponctuée par les miradouros, ces belvédères perchés au sommet des collines, que Lisbonne met en valeur mieux qu'aucune autre ville que je connaisse. Vous en croiserez deux en chemin, à quelques minutes d'intervalle, et je vous conseille de vous arrêter aux deux.
Le Miradouro de Santa Luzia est le premier que vous atteindrez : il s'agit d'une petite terrasse ornée de panneaux d'azulejos représentant Lisbonne avant le séisme de 1755. Un bougainvillier grimpe élégamment le long de la pergola.
Une minute plus haut, le Miradouro das Portas do Sol s'ouvre sur ce panorama emblématique : les toits de tuiles rouges de l'Alfama qui dégringolent vers le fleuve, le dôme du Panthéon national qui surplombe l'ensemble, et le Tage qui s'étire à l'arrière-plan. C'est sans doute cette photographie qui vous a donné envie de venir à Lisbonne. C'est aussi, en milieu d'après-midi l'été, l'endroit le plus fréquenté du quartier. Je vous suggère d'y venir tôt le matin ou au moment du coucher du soleil.
Le Miradouro de Santa Luzia
Castelo de São Jorge
Au sommet de la colline trône le Castelo de São Jorge, la citadelle maure qui veille sur Lisbonne depuis un millénaire. Les Maures l'ont bâtie ; les chrétiens s'en sont emparés en 1147 et l'ont occupée pendant les huit siècles suivants. La vue depuis les remparts est la plus belle de la ville : elle s'étend vers l'ouest sur tout le quartier de la Baixa, le fleuve et, au loin, le pont du 25-Avril.
Un mot sur les files d'attente : en haute saison, l'attente pour entrer dépasse régulièrement une heure. Je vous recommande donc vivement de réserver un billet avec créneau horaire en ligne avant votre visite, surtout entre juin et septembre. Une fois à l'intérieur, prévoyez environ une heure et demie. Les remparts sont plus larges et plus faciles à parcourir qu'ils n'en ont l'air vus d'en bas, et le petit site archéologique situé près du centre mérite que l'on s'y attarde une dizaine de minutes. J'apprécie tout particulièrement d'observer les paons qui déambulent librement dans les jardins.
Le tramway n° 28
Quelques mots au sujet du célèbre tramway jaune. La ligne 28 traverse le cœur de l'Alfama et figure sur toutes les listes des incontournables de Lisbonne. Pour ma part, je vous conseillerais de passer votre tour. Dès dix heures du matin, les rames sont bondées, les passagers serrés les uns contre les autres. Vous voyagerez très probablement debout, et le tramway marque des arrêts brusques et secs qui projettent les passagers les uns contre les autres. En été, la circulation autour du Largo das Portas do Sol est totalement paralysée à l'heure du déjeuner. Hier encore, début juin, j'ai vu un tramway rempli de touristes accablés par la chaleur y rester bloqué près de vingt minutes, alors que je parcourais le même trajet à pied en cinq minutes.
Le fado
L'Alfama est le cœur historique du fado, ce chant mélancolique portugais qui a vu le jour dans les tavernes de ces ruelles au XIXe siècle. Si vous ne disposez que d'une seule soirée à Lisbonne et souhaitez l'entendre interprété dans les règles de l'art, c'est dans ce quartier qu'il faut vous rendre. Les pièges à touristes honnêtes sont faciles à repérer : un homme posté sur le pas de la porte avec un menu en quatre langues, voilà le signe qui ne trompe pas.
Les petites maisons qui valent véritablement la peine sont celles où il est nécessaire de réserver à l'avance, où le dîner débute à vingt heures, le chant à vingt et une heures trente, et où la salle plonge dans un silence absolu dès que la première note retentit. Le Mesa de Frades, installé dans une minuscule ancienne chapelle tapissée d'azulejos bleus, est l'adresse que je recommande à mes amis. Le Clube de Fado, près de la cathédrale, constitue un second choix plus sûr. Réservation indispensable dans les deux cas.
La soirée vous laisse le choix entre deux options : admirer le crépuscule depuis le sommet d'une colline avant de dîner dans un quartier populaire de Lisbonne, ou profiter d'une fin de journée plus paisible sur le pont d'un bateau naviguant sur le Tage. Ces deux expériences sont excellentes. Je vous suggère de décider en fonction de la météo et de votre humeur du moment.
Option n°1 : coucher de soleil et dîner à Graça
Graça est le quartier où ma femme et moi vivons depuis cinq ans et, en toute honnêteté, c'est selon moi l'un des plus beaux quartiers de la ville. On y retrouve l'atmosphère d'une petite ville portugaise qui aurait été discrètement absorbée par Lisbonne. La rue principale est une artère commerçante animée, jalonnée de cafés, de boulangeries et d'épiceries d'antan. Ici, les restaurants cuisinent pour les habitants de la colline plutôt que pour les gens de passage.
Pour le coucher du soleil, dirigez-vous vers le Miradouro da Graça. La terrasse se niche sous une voûte de pins et, depuis l'un des bancs qui bordent la balustrade, vous pourrez observer les derniers rayons du soleil illuminer les remparts du château. Un kiosque situé à l'extrémité de la terrasse propose de la bière fraîche et du vin. J'y ai passé de nombreuses soirées mémorables.
Pour le dîner, les deux établissements où j'envoie systématiquement mes amis de passage sont O Pitéu da Graça et Sant'Avó. Tous deux servent cette cuisine portugaise authentique et sans prétention que les restaurants touristiques de l'Alfama, situés à dix minutes en contrebas, ont délaissée depuis bien longtemps. Si vous préférez commencer par un verre de vin, le Vino Vero est vivement recommandé.
Si vos jambes tiennent encore le coup après l'ascension depuis l'Alfama, le Miradouro da Senhora do Monte se trouve à seulement cinq minutes de marche plus haut sur la colline. C'est le point de vue le plus élevé de la ville, et tout Lisbonne s'étend à vos pieds. En journée, le site est envahi par les tours en tuk-tuk. Après le coucher du soleil, une fois que le dernier d'entre eux est redescendu bruyamment la colline, la terrasse se vide et vous profitez de l'une des plus belles vues de la ville, presque pour vous seul. C'est là que je me rends le dimanche soir.
Deuxième option : une croisière sur le Tage au coucher du soleil
Lisbonne est une ville maritime, bâtie au bord de l'Atlantique, et après une journée de marche, on éprouve un plaisir paisible à la contempler depuis les flots. Une croisière typique au crépuscule dure environ deux heures : elle vous permet de glisser devant la tour de Belém et le Monument aux Découvertes, de vous faufiler sous le pont du 25-Avril et de terminer votre parcours sous le regard de la statue du Cristo Rei, sur la rive sud.
L'offre est très variée, allant des voiliers traditionnels portugais aux catamarans festifs aux basses vibrantes. Pour ma part, c'est un voilier classique que je réserverais. Les départs s'effectuent depuis Belém, Cais do Sodré ou la Doca de Alcântara, et les bateaux en petit comité (douze passagers ou moins) valent largement les quelques euros supplémentaires par rapport aux plus grands.
Voici deux conseils pratiques. Pensez à réserver à l'avance, tout particulièrement entre les mois de mai et septembre. Pensez aussi à emporter une petite laine. Dès que le soleil décline, l'air se rafraîchit brusquement, et je me fais encore avoir chaque année.
Belém se situe à quatre kilomètres à l'ouest du centre-ville, s'étirant le long de la rive nord du Tage, là où le fleuve s'élargit pour rejoindre l'Atlantique. C’est ici que se dévoile la Lisbonne des explorateurs et des pionniers de la mer. C’est d'ici que Vasco de Gama prit la mer en 1497 pour son célèbre voyage vers l'Inde, aux côtés des expéditions menées par Magellan, Cabral et Dias. Le quartier fut érigé pour commémorer leurs épopées, et les dimensions imposantes de l'architecture reflètent encore aujourd'hui l'ampleur de leurs accomplissements. De larges avenues. Des parcs verdoyants. Des monuments de pierre disposés à dessein à l'écart les uns des autres.
S'y rendre est très simple. Le tramway n° 15 longe le fleuve depuis Cais do Sodré et permet de rejoindre Belém en une trentaine de minutes. Pour ma part, j'ai tendance à l'éviter et à opter pour un Uber : pour environ six euros, vous arriverez à destination en quinze minutes, sans avoir à voyager debout dans une rame bondée.
Le monastère
Commencez votre visite par le Mosteiro dos Jerónimos (le monastère des Hiéronymites). Le roi Manuel Ier en lança la construction en 1501, financée par une taxe perçue sur le poivre, la cannelle et les clous de girofle que les navires portugais rapportaient désormais de l'océan Indien en quantités sans précédent. L'architecture qui en résulta possède son propre nom, le style manuelin, et elle est unique au monde. Observez attentivement les colonnes du cloître. Les tailleurs de pierre y ont sculpté ce que les explorateurs consignaient dans leurs carnets : cordages entrelacés, ancres marines, corail, nœuds, et volutes de plantes exotiques alors inconnues.
Pensez à réserver un créneau horaire avant votre arrivée. Dès le milieu de la matinée, la file d'attente sur place peut dépasser une heure, et il n'y a aucune zone d'ombre pour patienter. L'église attenante est, quant à elle, en accès libre. C’est d'ailleurs là que j'emmène souvent mes amis lorsque l'attente pour le monastère est interminable ou que le prix d'entrée leur semble excessif.
Au bord du fleuve
Depuis le monastère, traversez les jardins et passez sous la voie ferrée pour rejoindre les berges du fleuve. Deux monuments se dressent sur la promenade, situés à environ dix minutes de marche l'un de l'autre.
Le premier est le Padrão dos Descobrimentos. Sa forme évoque la proue d'une caravelle s'élançant sur l'eau, et les personnages sculptés de part et d'autre représentent les explorateurs, cartographes, missionnaires et membres de la famille royale de l'époque des Grandes Découvertes, menés par Henri le Navigateur à la proue. Ce monument fut érigé en 1960 pour commémorer le cinquième centenaire de la mort d'Henri.
En poursuivant vers l'ouest le long de la promenade, vous atteindrez la Torre de Belém (la Tour de Belém) ; c'est celle-ci que je vous recommanderais de ne manquer sous aucun prétexte. Achevée en 1519 sur un petit affleurement de basalte au milieu du fleuve, elle fut conçue à la fois comme un poste de douane, un arc de cérémonie pour les flottes de retour et une plateforme d'artillerie. On peut y admirer des cordages de pierre, des balcons de style maure et de petites tourelles ajourées aux angles. Bien qu'elle paraisse immense sur les photographies, elle n'a en réalité que la taille d'une grande maison. Comme tous les détails se trouvent à l'extérieur, il n'est pas nécessaire d'en visiter l'intérieur.
Les célèbres tartelettes
La plupart des visiteurs se rendent à Belém pour ses monuments. Personnellement, j'y vais pour les pâtisseries. La maison Pastéis de Belém confectionne ses pâtisseries selon la même recette depuis 1837. À l'origine, ces douceurs étaient vendues au comptoir d'une petite raffinerie de sucre située juste à côté du monastère. La recette n'a jamais été mise par écrit en dehors des murs de la cuisine.
Depuis la rue, la pâtisserie semble petite, mais c'est tout le contraire. Dépassez la file d'attente pour la vente à emporter à l'entrée et suivez le couloir vers le fond. Le bâtiment se déploie en une succession de salles ornées d'azulejos bleus, pouvant accueillir plusieurs centaines de convives. L'attente pour obtenir une table est généralement inférieure à quinze minutes, même aux heures de pointe. Commandez-en deux, demandez de la cannelle et du sucre glace à part, et dégustez-les pendant que la pâte est encore assez chaude pour croustiller. Toutes les autres pastéis de la ville se mesurent à celles-ci, et aucune ne leur arrive vraiment à la cheville.
Si votre matinée le permet
Belém compte trois musées qui méritent chacun une heure de votre temps. Le Museu Nacional dos Coches (Musée national des carrosses) abrite la plus grande collection de voitures royales au monde : des carrosses dorés du XVIIIe siècle conçus pour ces déplacements d'apparat qui ont depuis longtemps disparu de la vie européenne. Le MAAT, inauguré en 2016 dans un bâtiment blanc bas aux lignes ondulées au bord du fleuve, propose une programmation d'art contemporain de grande qualité. Pour les œuvres du XXe siècle, la Coleção Berardo expose des pièces de Picasso, Warhol, Bacon et Dalí, et le prix de l'entrée reste modique.
Le Parque das Nações est le côté ultra-moderne de la Lisbonne historique, qui a été construit pour accueillir l'exposition universelle "Expo 98".
Ce quartier, qui borde l'estuaire du Tage, présente une architecture moderniste saisissante, ainsi que les jardins aquatiques et les installations de l'Expo d'origine.
La principale attraction touristique est l'Oceanário de Lisboa, un aquarium axé sur la mer et l'un des meilleurs aquariums d'Europe. On trouve également dans le Parque das Nações, le Ciência Viva (un fantastique musée scientifique pour les enfants), le Casino Lisboa, un téléphérique, un grand centre commercial et de nombreux restaurants.
Le Parque das Nações est un endroit merveilleux à visiter par une chaude journée d'été.
Le thème de l'Expo'98 portait sur les océans du monde.
La Torre Vasco da Gama est le plus haut bâtiment de Lisbonne, et le téléphérique longe le Parque das Nações.
Le jardin Garcia de Orta dans le Parque das Nações
Une autre option pour l'après-midi est de visiter l'Avenida da Liberdade et le quartier de Príncipe Real.
L'Avenida da Liberdade est la rue commerçante la plus à la mode de Lisbonne. Cette avenue ombragée est bordée de magasins de créateurs, de boutiques et d'hôtels élégants. En haut de l'Avenida da Liberdade se trouve la place Marquês de Pombal et le Parque Eduardo VII, qui offre une vue imprenable sur tout le centre de Lisbonne.
Le quartier de Príncipe Real, est l'un des quartiers les plus recherchés de Lisbonne. En son centre se trouve le jardin Jardim do Príncipe Real, et les rues environnantes sont remplies de grands bâtiments datant du XIXe siècle. Le quartier de Príncipe Real dégage une atmosphère calme et typiquement portugaise, très différente de l'agitation du centre de la capitale.
Articles liés : Guide du Príncipe Real
Les grands bâtiments de Príncipe Real
Nos articles les plus populaires sur Lisbonne
À propos de ce guide : Je m'appelle Philip Giddings. Je réside dans le quartier de Graça avec mon épouse portugaise, Carla, dont la famille est lisboète depuis plusieurs générations. Je voyage au Portugal depuis 2001 et je rédige des guides indépendants sur le site LisbonLisboaPortugal.com depuis 2009. Cette plateforme constitue désormais mon activité professionnelle à plein temps. C'est Carla qui m'a fait découvrir Lisbonne lors d'un de nos premiers voyages et, vingt-cinq ans plus tard, nous arpentons toujours la ville ensemble. Nous profitons des plages bondées durant l'été, nous passons des samedis paisibles à la Feira da Ladra et en quête de la moindre source de chaleur pour notre appartement dès que la fraîcheur de l'hiver se fait sentir.
Ce site propose 189 guides consacrés à Lisbonne. Il ne perçoit aucune rémunération de la part des offices de tourisme, des voyagistes ou des sites touristiques pour y figurer. Son financement est assuré par des commissions d'affiliation perçues sur les réservations de visites, ce qui est précisé en toute transparence sur chaque page concernée. Chaque information pratique (prix des billets, horaires d'ouverture, itinéraires de bus, modalités de réservation des créneaux horaires) est vérifiée auprès des sources officielles et confirmée en personne lors des balades que j'effectue chaque semaine à travers la ville. Pour en savoir plus, consultez notre page À propos.